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RDC : Habari et son portail où la parole circule librement

Un licencié en droit reconverti en vendeur de feuilles de manioc, le Mondial distrait les élèves-les étudiants en pleins examens , les mensonges électoraux ont recommencé en République démocratique du Congo (RDC) …  sur habarirdc.net une blogosphère étale « la vie ordinaire » des congolais en toute liberté.

Au Congo –Kinshasa, quand la répression du pouvoir, faute de moyens, épargne encore Internet mais que les medias classiques sont naturellement réduits à un usage partisan, il est arrivé que des journalistes indépendants tentent, mais en vain d’arracher leur liberté dans la plume.

Arrive alors Habarirdc.net, un espace « où la parole circule librement. Vius y verrez la diversité d’opinions sur les questions politiques, économiques,  sociales  et culturelles. Des jeunes disposant d’un moindre accès à internet débattent  librement », prête d’emblée Guy Muyembe, président de cette plateforme lancée depuis juillet 2016 avec l’appui de la Radio publique Néerlandaise (RNW).

Emprunté du Swahili « Habari » qui veut dire « Nouvelle », cette blogosphère tournée vers la jeunesse congolaise et dans laquelle Muyembe, âgé de 33 ans fait figure de pionnier et de maitre regroupe une centaine de blogueurs dont trente journalistes qui produisent des contenus de proximité, généralement négligés dans leurs medias.

Lycéens, étudiants, chômeurs, journalistes, enseignants et médecins, ils sont tous jeunes issus de neuf principales villes congolaises et font entendre par leurs plumes les craintes, larmes, joies mais aussi des mécontentements.

A lire …  https://habarirdc.net/qui_sommes-nous/

« Notre émetteur, c’est l’internet. Nous diffusons pour un grand public des contenus qui parlent de la vraie vie au Congo, des maux de la société mais également des avancées. Nous évoquons ce que la société considère comme tabou », ajoute Muyembe qui fut enseignant de compatibilité dans un lycée de Lubumbashi, capitale de la province du Haut Katanga dans le Sud-est de la RDC.

Primé dernièrement par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) comme lauréat du premier Prix Francophone de l’innovation dans les médias 2018, cette plateforme enregistrée sous le statut d’une association sans but lucratif (ASBL) a également été récompensée à « IndexAwards2018 » dans la catégorie « Activisme digital » pour son engagement en faveur de la liberté d’expression des jeunes.

« C’est une reconnaissance, ça nous encourage et nous responsabilise davantage de demeurer un espace de débats et de dialogues constructifs », indique le bloggeur et témoin d’une société  « entrain d’être reformée par les nouvelles technologies ».

Preuve que les articles de cette blogosphère sont lus : les lecteurs interagissent avec la boite. La publication de chaque article, reportage, caricature ou vidéo est suivie d’un débat engagé sur la toile par les lecteurs mais modéré par un « Community manager ».

« Grace à internet et des plateformes sérieuses, nous arrivons à émettre des points de vue que nos medias traditionnels ne peuvent pas diffuser bien que c’est dans le respect de la dignité de tout un chacun. Nous y retrouvons nos vies et nos histoires. Sur Habari par exemple, nous lisons des trucs écris tel que vus par l’œil et vécus naturellement, de fois par l’auteur lui-même« , témoigne Cibangu, un internaute.

Une denrée qui a tout bouleversé

Face à ce passage en force. Habari « veut assister et relayer toutes ces évolutions », selon son président. Une étude de la société de sondages Target SARL, a démontré que 84 % des congolais accèdent à Internet sur support mobile, mettant fin à l’asservissement des cybercafés.

« Il y a pratiquement une décennie, avoir accès à Internet était un grand luxe. Pour Tchater il fallait affluer vers un cybercafé, des minutes calculées sur fond d’une facturation inexplicable mais de nos jours Internet est devenu une denrée à la portée du grand public et a tout changé , tout bouleversé « , indique Edgard Malula, chef des travaux à la faculté de communication de université de Kinshasa (UNIKIN).

La toile a des faits, pris le dessus en RDC. La recherche d’emplois dans le secteur formel se fait en ligne, les achats y compris, les correspondances … etc. Pire encore : la presse écrite risque de se résoudre à disparaitre.

« L’audience des medias traditionnels a sensiblement chuté à cause d’Internet. La lecture des journaux a  sévèrement décru en faveur des medias  en ligne. Les journaux papier sont entrain de migrer vers le numérique », ajoute l’enseignant.

Trop protocolaires et mutiques, opposants et dirigeants congolais se sont rués depuis quelques années sur la toile, principalement sur le réseau social Twitter pour rendre compte de leurs activités.

Avec ses 444 000 followers, l’Opposant Moise Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle du 23 décembre mais contraint à l’exil depuis deux ans se fixe régulièrement des rendez-vous sur la toile avec son électorat.

Black out

Depuis 2015, le gouvernement s’en prend à internet et aux réseaux sociaux, devenus principale vitrine sans arbitre pour les détracteurs du régime.

Lors de certaines grandes mobilisations de l’Opposition, internet s’est vu filtré ou carrément coupé sur l’étendue du territoire national, à la demande du gouvernement pour des raisons « sécuritaires ».

A lire …  https://habarirdc.net/internet-coupure-atteinte-droits-manifestations-rdc/

Ces coupures paralysent le quotidien congolais mais arrange le pouvoir : les contacts sont suspendus à des coups de fil couteux, des cours en ligne sont interrompus, pas de partage de l’information sur la toile congolaise, les medias en ligne non opérationnels pendant que la répression se fait à huit-clos.

A lire … https://www.aa.com.tr/fr/afrique/rdc-amnesty-d%C3%A9nonce-la-tendance-des-autorit%C3%A9s-%C3%A0-garder-la-population-dans-lignorance-/810441

Lors de trois dernières marches des fideles catholiques contre le président Joseph Kabila (31 décembre, 21 janvier et 25 février), l’accès à internet, devenu seul espace où paroles et images  circulent librement dans le pays, a été coupé.

« Des pertes journalières sont évaluées à des millions de dollars américains tant dans les secteurs des télécoms, bancaire que des services », a écrit dans un édito le Journaliste Eric Tshikuma, du site d’informations économiques Zoom-eco.net.

A lire … http://zoom-eco.net/amp/a-la-une/rdc-la-coupure-dinternet-est-nuisible-a-leconomie/

Dans un pays riche en matières premières mais ruiné par des guerres, un jour de privation d’internet « est un coup dur asséné aux finances publiques à travers le paiement d’impôts, taxes et autres droits dus à l’Etat », affirme-t-il.

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